Un jour, une strophe
#1
Tout est dans le titre, plutôt qu'un long poème parfois pompeux, une strophe efficace avec la référence. Pour les premiers jours, quelques coups de cœurs personnels. N'hésitez pas à partagez les votres !

"Ô pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d’un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l’événement pur,
J’attends l’écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l’âme un creux toujours futur! "

[/url]
[url=http://paroles2chansons.lemonde.fr/auteur-paul-valery/poeme-le-cimetiere-marin.html]Paul Valéry, "Cimetière Marin"
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#2
"Et vous mes vers, dont la course
A de sa première source
Les sentiers abandonnés,
Fuyez à bride avalée.
Et la prochaine vallée
De votre bruit étonnez.
Votre eau, qui fut claire et lente,
Ores trouble et violente,
Semblable à ma douleur soit,
Et plus ne mêlez votre onde
A l’or de l’arène blonde,
Dont votre fond jaunissoit…"


Joachim du Bellay, "Complainte du désespéré"

http://www.poetica.fr/poeme-46/joachim-d...desespere/
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#3
J'adore ta strophe de Du Bellay et j'adore l'idée !
C'est un vrai retour aux sources de la guilde :)
Paul Valéry est pas mal non plus dans son genre.

À moi alors ! Quand j'étais petit j'avais une cassette de James Olliviers, un chanteur un peu poète avec sa guitare qui reprenait les poèmes célèbres en chanson. C'est ainsi que j'ai découvert (et apprécié) la poésie française.
Rimbaud, Verlaine...
Mais j'ai finalement bifurqué vers la fantaisie de Prévert ou Desnos. Bref, je vais commencer par un grand classique, que les amateurs de hauts faits de WoW reconnaîtront sûrement !

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

C'est la première strophe du Dormeur du val (d'où le nom du HF et là on réalise que ceux qui traduisent et adaptent wow font du bon boulot), dont le dernier vers nous éclaire sur ce soldat endormi...
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#4
Oui, ça me manquait un peu de poésie et puis c'est une manière pour moi de me forcer à lire d'autres auteurs une fois que j'aurai fait le tour de ceux que j'aime !

Du coup, je suis allé lire en entier le dormeur du val, autant je n'apprécie pas trop rimbaud autant celui-ci me plait beaucoup.

Je continue donc avec une strophe de Paul Eluard, "Je suis la bête"

"Mille soleils mille fourrures
Mille caresses sous le froid
Plutôt que de mourir j'efface
Ce que j'ai mis de temps à vivre

Tous les remous d'un sang rebelle"
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#5
Aujourd'hui, une strophe de Jules Supervielle (ce nom !), "Descente de géants" :

"Viendront des géants tombés d'autre monde,
Ils enjamberont les monts, les marées,
Et vérifieront si la terre est ronde,
Par dérision, de leurs grosses mains,
Ou bien, reculant, de leurs yeux sans bords."
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#6
Aujourd'hui, Guillaume Apollinaire et le poème "Marie" :

"Sais-je où s’en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s’en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l’automne
Que jonchent aussi nos aveux"


https://www.poetica.fr/poeme-1768/guilla...ire-marie/
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#7
Ah, Apollinaire !
Aujourd'hui, je fais mon flemmard. Je ne me souviens pas d'une strophe, mais juste d'un vers :

"La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur."
(Paul Eluard, bien sûr)

Ça donne la pêche pour la journée :D
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#8
Sympa !

Je répond avec "Le coeur solitaire" de Charles Guérin,

"Je te devine proche au feu de ton visage.
Ma tempe en fièvre bat contre ton cœur battant.
Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant
Ta gorge nue et sa fraîcheur de coquillage."

J'aime beaucoup cette évocation du coquillage :)


http://www.poesie-francaise.fr/charles-g...embler.php
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#9
J'ai un peu de retard mais vu que c'est désormais l'automne, voici une strophe d'"automne" d'Alphonse de Lamartine !

"Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire ;
J'aime à revoir encor, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois."

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiq...tomne.html
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#10
Histoire de dépoussiérer le forum, je partage ce beau poème dédié aux poètes :)

Soyez bon pour le poète

Soyez bon pour le poète,
Le plus doux des animaux ;
Nous prêtant son cœur, sa tête,
Incorporant tous nos maux,
Il se fait notre jumeau ;
Au désert de l'épithète,
Il précède les prophètes
Sur son douloureux chameau ;
Il fréquente, très honnête,
La misère et ses tombeaux,
Donnant pour nous, bonne bête,
Son pauvre corps aux corbeaux ;
Il traduit en langue nette
Nos infinitésimaux.
Ah ! donnons-lui, pour sa fête,
La casquette d'interprête !

Jules Supervielle

(et non pas Lavielle)
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